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L’Europe et l’influence américaine : la loi des séries

L’Europe et l’influence américaine : la loi des séries

Quand quelqu’un parle du « cinéma européen » on a toujours un titre en tête. En revanche, quand la conversation tourne autour des séries, on a la tête en friche. Alors que l’on aurait trouvé dans le cinéma le regard parfait pour transmettre la vraie identité de l’Europe, le petit écran est toujours en train de chercher une carte différente de celle dessinée par l’influence américaine. Rares sont les pays qui commela Grande Bretagneet le Danemark essaient de se frayer un chemin. Deux pays qui produisent des séries capables de concurrencer les autres au niveau international et qui ont même donné lieu à des remakes hors de leurs frontières. The Killing et Borgen (Danemark) sont avec Misfits ou Downton Abbey (Grande Bretagne) des bons exemples. Cafebabel.com inaugure un blog consacré à la fiction télévisuelle car si l’on est vraiment les histoires que l’on raconte, quoi de mieux que de les écrire nous-mêmes ? (Photo : © courtoisie de la page officielle de la série Misfits)

 

Les dossiers Cafebabel : 

Les séries TV en Europe : la crème anglaise par Lucie Vétillard, Version française de cafebabel.com (cafebabel.fr)

Borgen : dans le jeu des séries, le Danemark un point par Cristina Cartes

Séries télé: coup d'oeil d'un Américain sur les crus européens par Dave Keating

Séries télé européennes: à quand la créativité « à l'américaine » ? par Jean Anot

 

Dans “Patron incognito”, la future émission de télé-réalité de M6, Jean-Claude Puerto-Salavert, le Pdg d'Ucar (location de voitures), se fait passer pour un apprenti dans ses propres agences. Il nous raconte cette expérience insolite.

 

Management : Comment avez-vous fait pour passer incognito dans l’entreprise que vous dirigez depuis douze ans?
Jean-Claude Puerto-Salavert: Endemol, la société qui produit l’émission, a prétexté un reportage sur la reconversion de Christian Lafont, un chômeur de longue durée de
53 ans. Côté déguisement, j’ai dû porter un bonnet, de grosses lunettes fumées, un bouc et une gourmette. Je me suis plongé dans le rôle de ce cariste licencié par son ex-employeur, affecté par une histoire de divorce, en m’inspirant d’un ouvrier que j’ai con-nu il y a vingt ans, lorsque je travaillais chez Beghin Say et que j’avais dû fermer une usine. A la fin du tournage, j’ai mis un petit moment à sortir de mon personnage.

 

Management : Que vous a appris cette infiltration?
Jean-Claude Puerto-Salavert: Que le chef d’entreprise a un accès très difficile à la vérité et qu’il finit par perdre le sens du terrain. J’ai été bluffé par Frédéric, un préparateur de voitures de Lille, qui a perfectionné chaque geste de notre procédure standard. Et par Sandrine, une agente d’entretien de Marseille, qui m’a obligé à enlever mon bonnet devant les clients. A l’inverse, j’ai été scandalisé de voir une partie de nos camionnettes partir en location sans le logo Ucar : c’est l’un de nos seuls supports de communication, puisqu’en bonne entreprise low cost nous économisons sur la pub !

 

Management : Quelles décisions avez-vous prises en redevenant Pdg?
Jean-Claude Puerto-Salavert: Accélérer. J’ai introduit Ucar en Bourse à peu près au moment du tournage, en juillet dernier, et j’ai décidé d’ouvrir 50 nouvelles agences par an, contre 25 aujourd’hui. Ma rencontre avec Yann, 22 ans, agent d’accueil à Marseille, doué mais sans diplôme, m’a incité à créer une académie qui formera des jeunes de 25 à 28 ans au métier de manager de réseau. Objectif : les envoyer conquérir les nouveaux marchés d’Europe de l’Est. J’ai aussi demandé à l’un des préparateurs que j’ai connus à Lille de tester et d’homologuer de nouvelles tenues pour les salariés qui travaillent dehors. Plus question de bosser sur les véhicules par – 6 °C avec les pieds gelés !

 

Management : Vous retournerez jouer les employés mystères dans vos agences?
Jean-Claude Puerto-Salavert: J’ai les numéros de toutes les personnes que j’ai rencontrées. A tout moment, je peux les appeler pour prendre le pouls de ma société, sans le filtre de la hiérarchie. Mes collaborateurs le savent… et ils ont intérêt à filer droit.

Propos recueillis par Sylvain Lapoix



30/05/2012
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